Traversée de Madère en autonomie : notre itinéraire en 7 étapes

Récit de notre traversée intégrale de Madère en totale autonomie : étapes, lieu de campement et conseils pour profiter pleinement de l'île aux mille sentiers.

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Tim

Jun 15, 2026 39 min de lecture

Traversée de Madère en autonomie : notre itinéraire en 7 étapes

Traversée de Madère en autonomie : notre itinéraire en 7 étapes

Notre traversée intégrale de Madère, d'ouest en est, sur près de 170 kilomètres et 7 jours de marche en autonomie. Voici le détail de notre itinéraire, étape par étape.

Introduction

Avant d'entrer dans le détail de l'itinéraire, quelques mots sur cette aventure. Nous sommes Tim et Lulu, deux amis passionnés de randonnée, de trek et plus généralement de voyages à pied.

Lorsque nous avons commencé à préparer notre séjour à Madère, nous avions envie de découvrir l'île autrement qu'à travers une simple succession de randonnées à la journée.

Notre objectif était de relier les deux extrémités de l'île à pied, en traversant les paysages les plus emblématiques de Madère tout en prenant le temps d'explorer des secteurs plus sauvages et moins fréquentés. Nous ne cherchions pas forcément à éviter tous les lieux touristiques : certains sites comme Fanal, le Pico Ruivo ou le PR1 font partie des incontournables de l'île et méritent pleinement leur réputation. L'idée était plutôt de trouver un équilibre entre ces grands classiques et des sentiers plus confidentiels.

Marcher plusieurs jours d'affilée est aussi une façon de voyager qui nous correspond particulièrement. Nous apprécions le rythme lent qu'impose la randonnée itinérante, la simplicité du bivouac et cette sensation unique de découvrir progressivement un territoire au fil des kilomètres… mais aussi de se découvrir soi-même.

Nous pratiquons également tous les deux le trail et sommes habitués aux longues journées en montagne. Cette expérience influence forcément notre perception de la difficulté ainsi que les temps de marche indiqués dans cet article. Les durées mentionnées correspondent à notre propre progression sur le terrain, sacs chargés et pauses incluses. Elles constituent avant tout un repère et pourront varier sensiblement selon votre niveau, votre rythme ou les conditions rencontrées.

De la même manière, les distances et dénivelés indiqués dans les récapitulatifs de chaque étape correspondent aux données enregistrées par ma montre GPS sur le terrain. Ils peuvent donc différer de ceux affichés automatiquement par les visualiseur de traces GPX. Ces écarts sont relativement fréquents et peuvent s'expliquer par des méthodes de calcul différentes selon les outils utilisés. Pour les informations de distance et de dénivelé, nous vous recommandons donc de vous référer en priorité aux valeurs que nous avons mentionnées dans le récapitulatif de chaque étape.

Au total, cette traversée nous a permis de parcourir près de 170 kilomètres à travers des paysages extrêmement variés : falaises volcaniques, forêts de Laurisilva, levadas, sommets d'altitude et côtes battues par l'Atlantique. Une aventure exigeante mais que nous avons trouvée particulièrement riche et représentative de la diversité de Madère.

D’autres articles complémentaires viendront prochainement détailler certains aspects plus spécifiques de cette traversée, notamment notre budget global, le matériel utilisé ainsi que notre alimentation sur l’ensemble du trek. L’objectif est de proposer une vision complète de l’expérience, à la fois sur le terrain et dans sa préparation.

Pourquoi traverser Madère d’ouest en est ?

Lorsque nous avons commencé à préparer notre traversée de Madère, nous avons constaté que de nombreux itinéraires et récits de randonnée proposaient un parcours d'est en ouest. Après réflexion, nous avons pourtant choisi l'option inverse : partir de Ponta do Pargo, à l'extrémité ouest de l'île, pour rejoindre Ponta de São Lourenço à l'extrémité est.

Notre raisonnement était avant tout logistique. Comme pour toute randonnée itinérante de plusieurs jours, il est difficile d'estimer avec précision son rythme de progression avant le départ. Une météo défavorable, une fatigue inhabituelle ou un imprévu sur le terrain peuvent rapidement entraîner un retard sur le programme initial.

En terminant notre traversée à l'est de l'île, nous restions relativement proches de l'aéroport international de Madère. Cette configuration nous semblait plus rassurante en cas d'adaptation de dernière minute ou de retard accumulé au fil des jours.

Cependant, ce sens de traversée présente une contrainte. Le célèbre PR1, qui relie notamment les secteurs de Pico do Areeiro et Pico Ruivo était soumis lors de notre passage, en juin 2026, à un sens de circulation imposé (Pico do Areeiro > Pico Ruivo), et nous étions dans le mauvais sens.

Nous n'avions pas anticipé cette restriction lors de la préparation du trek. Une fois sur place, nous nous sommes retrouvés sans véritable alternative viable pour conserver la continuité de notre traversée. Nous avons donc choisi de poursuivre dans le mauvais sens et n'avons rencontré aucun contrôle sur le sentier.

C'est d'autant plus frustrant que le PR1 constitue, selon nous, l'un des plus beaux sentiers de Madère. Les panoramas sur les crêtes volcaniques, les passages aériens et l'ambiance de haute montagne en font une étape incontournable de toute découverte de l'île. Même si certaines sections peuvent être très fréquentées, nous pensons qu'il serait dommage de construire un itinéraire sans y passer.

Cette expérience nous a toutefois rappelé l'importance de vérifier non seulement l'ouverture des sentiers, mais aussi les éventuelles restrictions de circulation qui peuvent être mises en place selon la saison, les travaux en cours ou le niveau de fréquentation.

Avec le recul

Notre traversée d'ouest en est a globalement bien fonctionné et nous a permis de relier les deux extrémités de l'île sans difficulté particulière.

Si nous avons choisi ce sens pour des raisons logistiques, nous avons découvert en chemin certaines contraintes que nous n'avions pas anticipées, notamment sur le PR1.

Nous avons également été confrontés à une fermeture de tronçon (PR1.3), indépendante du sens de traversée, qui nous a obligés à adapter ponctuellement notre itinéraire.

Avec le recul, nous pensons que les deux sens de traversée présentent des avantages. L'itinéraire ouest-est permet de terminer à proximité de l'aéroport et offre une progression qui nous a semblé très naturelle à travers les différents paysages de l'île.

À l'inverse, un parcours est-ouest permettrait probablement de mieux s'aligner avec certaines recommandations officielles et d'éviter d'éventuelles contraintes de circulation sur les sentiers les plus fréquentés.

Au final, le choix du sens nous paraît moins important que la préparation de l'itinéraire lui-même. Quel que soit votre point de départ, nous vous recommandons surtout de vérifier l'état des sentiers, les éventuelles fermetures et les restrictions en vigueur quelques jours avant votre départ.

Notre itinéraire de trek à Madère en résumé

Étape 1 : de Ponta do Pargo à Fonte do Bispo

Trace GPX

Étape 1 — Ponta do Pargo › Fonte do Bispo
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Récit de l’étape

Pour cette première journée, nous avons choisi de partir de Ponta do Pargo, à l'extrémité ouest de Madère. Notre objectif était simple : traverser l'île dans son intégralité jusqu'à Ponta de São Lourenço, à l'extrémité est.

Depuis Funchal, nous avons rejoint le point de départ en utilisant l'application Bolt. Avec le recul, nous recommandons de se faire déposer directement au phare de Ponta do Pargo plutôt qu'au centre du village. Cela permet d'éviter un aller-retour sur une portion de route asphaltée peu intéressante pour la marche.

Cette première étape avait été pensée comme une mise en jambes avant les journées plus montagneuses qui nous attendaient. Malgré ses 11 kilomètres relativement modestes, elle totalise tout de même près de 1 000 mètres de dénivelé positif, principalement pour quitter progressivement le littoral et rejoindre les hauts plateaux de l'intérieur de l'île.

Le parcours traverse d'abord des paysages agricoles et ruraux typiques de l'ouest de Madère, avant de s'enfoncer dans des zones forestières plus sauvages. Au fil de l'ascension, les vues sur l'océan disparaissent peu à peu pour laisser place aux grands espaces ouverts des hauteurs de Fonte do Bispo.

Cette partie de l'île nous a surpris par son caractère très peu fréquenté. Alors que certaines zones de Madère connaissent une forte affluence touristique, nous avons passé une grande partie de la journée sans croiser personnes.

L'anecdote s'est poursuivie à notre arrivée au campement de Fonte do Bispo. Alors que nous installions tranquillement notre bivouac pour la nuit, un troupeau est venu paître à proximité et a fini par s'installer sur le campement. Nous avons donc partagé notre première nuit de trek avec plusieurs dizaines de vaches comme voisines. Une expérience plutôt insolite pour démarrer une traversée de Madère.

Avec le recul, cette étape remplit parfaitement son rôle d'introduction à la traversée. En revanche, pour les randonneurs disposant de peu de temps sur l'île, elle ne fait probablement pas partie des sections les plus incontournables de l'itinéraire. Son intérêt réside davantage dans la cohérence de la traversée intégrale de Madère que dans ses paysages spectaculaires.

Vue depuis le phare de Ponta do Pargo
Landes avec vu sur la mer
Un bivouac en bonne compagnie

Vue depuis le phare de Ponta do Pargo

Landes avec vu sur la mer

Un bivouac en bonne compagnie

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartPhare de Ponta do Pargo
ArrivéeFonte do Bispo
Distance11,1 km
Dénivelé positif~1000 m
Dénivelé négatif~100 m
Temps de marche~3h45
FréquentationTrès faible
Note★★★☆☆
Difficulté★★★☆☆

Campement

CritèreValeur
NomFonte do Bispo - Calheta
SituationForêt, clairière
Point d’eauOui
ToilettesOui
PoubellesNon

Notre avis

Étape 2 : de Fonte do Bispo à Fanal

Trace GPX

Étape 2 — Fonte do Bispo › Fanal
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Récit de l’étape

Après une première nuit passée à Fonte do Bispo, nous reprenons notre traversée en direction de Fanal, l'un des lieux les plus emblématiques de Madère.

Cette deuxième journée marque véritablement notre entrée dans les paysages qui font la réputation de l'île. Plateaux d'altitude, levadas, tunnels, vallées agricoles, forêt de lauriers. Nous allons traverser plusieurs univers complètement différents en une seule journée.

L'étape débute par une longue descente d'environ 5 kilomètres. Nous perdons près de 800 mètres d'altitude pour rejoindre la vallée de Ribeira da Janela. Cette section est relativement roulante et permet d'avancer rapidement.

Nous rejoignons ensuite la Levada da Ribeira da Janela (PR15), que nous suivons sur une dizaine de kilomètres. Cette portion presque plane offre un contraste avec le début de journée. Le sentier serpente au cœur d'une vallée sauvage façonnée par l'eau, en suivant l'une des plus longues rivières de Madère. Les vues s'ouvrent régulièrement sur les versants abrupts et les terrasses agricoles qui caractérisent cette partie de l'île.

C'est également ici que nous découvrons les premiers tunnels de notre traversée. Sur les fichiers GPX, certaines portions apparaissent comme de longues lignes parfaitement droites : ce sont les tunnels creusés dans la montagne pour permettre le passage de la levada. Cette particularité deviendra l'une des constantes de notre semaine de marche. Nous traverserons de nombreux tunnels tout au long de l'itinéraire, certains très courts, d'autres beaucoup plus impressionnants. Donc n'oubliez pas votre frontale !

Levada da Ribeira da Janela
Sentier à flanc de falaise

Levada da Ribeira da Janela

Sentier à flanc de falaise

Cette section est idéale pour récupérer après la longue descente du matin tout en découvrant l'un des éléments les plus emblématiques du réseau de sentiers madériens : les levadas.

Après cette longue traversée de la vallée, le sentier plonge brutalement vers Ribeira da Janela. La descente est raide mais offre de très belles vues sur les célèbres rochers qui émergent de l'océan face au village. Cette partie de l'étape nous a également permis de découvrir une facette plus agricole de Madère. Les pentes abruptes sont couvertes de terrasses cultivées qui témoignent de l'incroyable adaptation des habitants à un relief particulièrement escarpé.

Arrivée sur les hauteurs de Ribeira da Janela
Arrivée sur les hauteurs de Ribeira da Janela

La seconde moitié de la journée est dominée par la remontée vers Fanal. C'est également à Ribeira da Janela que nous rejoignons pour la première fois le GR1, le sentier de grande randonnée qui traverse Madère d'ouest en est. Nous nous trouvons alors à son extrémité occidentale.

Même si nous ne le suivrons pas intégralement, le GR1 constituera une sorte de fil conducteur tout au long de notre traversée. Nous le retrouverons à de nombreuses reprises jusqu'à notre arrivée à Caniçal, alternant entre ses sections officielles et des variantes que nous avions choisies lors de la préparation de l'itinéraire afin de découvrir d'autres secteurs de l'île. Les premiers kilomètres de la remontée se déroulent dans les ruelles du village où de nombreux escaliers permettent de gagner rapidement de l'altitude. Puis nous pénétrons progressivement dans la forêt.

La pente reste soutenue mais relativement régulière jusqu'aux derniers kilomètres. C'est là que les choses se compliquent sérieusement. Les trois derniers kilomètres de notre trace empruntent une montée extrêmement raide à travers la forêt (2,6km à 25% de pente de moyenne). La progression devient lente et physique, d'autant plus que cette difficulté arrive en fin de journée. Avec le recul, nous pensons qu'il existe probablement une meilleure option en restant davantage sur le GR1 jusqu'à Fanal. Notre variante ressemblait parfois davantage à un chemin de chèvres qu'à un véritable sentier de randonnée.

Notre arrivée à Fanal restera l'un des souvenirs marquants de cette traversée.

Alors que nous avions bénéficié d'un temps globalement ensoleillé toute la journée, nous avons progressivement pénétré dans un épais brouillard à mesure que nous approchions du plateau. Les silhouettes tortueuses des lauriers centenaires apparaissaient puis disparaissaient dans la brume. Quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber au moment d'installer le camp, avant qu'une pluie plus soutenue ne nous accompagne pendant une partie de la nuit.

Cette dernière section de l'étape emprunte brièvement le PR14, un sentier qui traverse une partie de la forêt de Fanal et des hauts plateaux environnants. Nous n'en avons parcouru qu'un court tronçon, mais l'ambiance rencontrée ce soir-là nous a donné envie d'en découvrir davantage. Avec le recul, il aurait probablement été intéressant de suivre ce sentier plus longuement afin de profiter pleinement de l'un des secteurs les plus emblématiques de la forêt de lauriers de Madère.

L'ambiance était radicalement différente de celle rencontrée depuis le départ : mystique, silencieuse et presque irréelle.

Les premiers lauriers apparaissent dans la forêt
Plateau de Fanal

Les premiers lauriers apparaissent dans la forêt

Plateau de Fanal

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartFonte do Bispo
ArrivéeFanal
Distance26,6 km
Dénivelé positif~1300 m
Dénivelé négatif~1350 m
Temps de marche~8h30
Sentiers marquantsLevada da Ribeira da Janela (PR15), premiers kilomètres du GR1, Levada dos Cedros (PR14)
FréquentationFaible à modérée
Note★★★★★
Difficulté★★★★★

Campement

CritèreValeur
NomFanal
SituationTerrains herbeux
Point d’eauOui
ToilettesOui
PoubellesOui

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • La diversité des paysages rencontrés au cours de la journée.
  • Les premiers tunnels de la traversée.
  • Les vues sur les îlots de Ribeira da Janela.
  • L'ambiance agricole des vallées.
  • L'arrivée spectaculaire dans la forêt de Fanal.

Ce que nous améliorerions avec le recul

  • Éviter la montée très raide des derniers kilomètres dans un chemin difficile.
  • Étudier une variante suivant davantage le GR1 jusqu'à Fanal en passant notamment plus longuement sur le PR14.
  • Prévoir une arrivée plus tôt à Fanal pour profiter davantage du site avant l'arrivée du brouillard.

Étape 3 : de Fanal à Bica di Cana

Trace GPX

Étape 2 — Fanal › Bica di Cana
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Récit de l’étape

Après une nuit passée dans l'atmosphère brumeuse de Fanal, nous reprenons notre progression en direction de Bica da Cana. Cette troisième journée sera longue et nous fera découvrir des paysages particulièrement variés, entre forêt primaire, levadas, cascades et hauts plateaux exposés au soleil.

Nous quittons Fanal en empruntant le PR13, un sentier qui traverse l'une des plus belles forêts indigènes de Madère. Dans la fraîcheur matinale, nous progressons au milieu des lauriers et de la végétation luxuriante qui caractérisent la forêt de Laurisilva, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Malgré le brouillard persistant, l'ambiance est particulièrement agréable et apaisante. Après quelques kilomètres, nous décidons de quitter temporairement le PR13 pour suivre une variante aperçue sur notre trace GPS. Avec le recul, ce choix n'était probablement pas le meilleur de la journée.

Pendant près de deux kilomètres, nous évoluons sur un sentier peu marqué, parfois difficile à suivre, qui s'apparente davantage à un chemin de chèvres qu'à un véritable itinéraire de randonnée. Certains passages sont étroits et vertigineux, ce qui demande de la prudence, en particulier avec des sacs chargés pour plusieurs jours d'autonomie.

Par beau temps, cette variante doit probablement offrir de très belles vues sur les vallées environnantes. Malheureusement, le brouillard qui nous accompagne depuis le matin réduit fortement la visibilité et nous prive totalement des panoramas. Nous avançons très lentement sur cette section.

Notre conseil est simple : si les conditions sont mauvaises ou si vous n'êtes pas à l'aise sur les sentiers exposés au vide, restez sur le tracé officiel du PR13.

Une fois revenus sur le sentier principal, nous retrouvons immédiatement une progression beaucoup plus agréable. La forêt retrouve son calme et son caractère contemplatif.

Puis les paysages s'ouvrent, le temps se dégage, et la forêt s'estompe laissant place à de beaux points de vue avant qu'une longue descente ponctuée de nombreux escaliers ne nous conduise progressivement vers le PR6.

Nous rejoignons alors l'un des sentiers les plus célèbres de Madère : le PR6, également connu sous le nom des « 25 Fontes ».

Le changement d'ambiance est immédiat. Après plusieurs jours passés sur des sentiers relativement peu fréquentés, nous découvrons ici l'un des sites les plus touristiques de l'île. C'est probablement l'endroit où nous avons croisé le plus de monde durant toute notre traversée.

Il faut cependant reconnaître que la réputation du lieu n'est pas usurpée. Tout au long du parcours, de nombreuses cascades dévalent les falaises pour alimenter des bassins naturels aux eaux cristallines. Certains randonneurs n'hésitent pas à s'y baigner malgré la fraîcheur de l'eau. Le cadre est magnifique, particulièrement photogénique, et mérite largement sa popularité.

Lagoa das 25 fontes
Levada das 25 fontes
Cascata do Risco

Lagoa das 25 fontes

Levada das 25 fontes

Cascata do Risco

Après une quinzaine de kilomètres, nous quittons le PR6 pour remonter vers la Levada do Paul puis la Levada do Paul II.

Cette seconde partie de journée offre un contraste total avec les heures précédentes. Nous évoluons désormais sur les hauteurs de l'île, sur des sentiers orientés plein sud et particulièrement exposés au soleil.

Pendant près de dix kilomètres, la progression est régulière mais interminable. Les paysages changent une nouvelle fois : les forêts humides ont laissé place à de vastes étendues couvertes de genêts jaunes qui colorent les pentes de la montagne.

Cette section est également marquée par la présence de nombreuses éoliennes visibles sur les crêtes. Si elles témoignent de l'engagement de Madère en faveur des énergies renouvelables, leur présence sonore réduit légèrement le sentiment d'isolement que nous avions apprécié sur d'autres portions de la traversée.

À mesure que la journée avance, la fatigue commence à se faire sentir. Ce n'est pas nécessairement l'étape la plus difficile techniquement, même si certains passages demandent de l'attention, mais sa longueur finit par peser sur les jambes.

Nous terminons finalement cette longue journée en regagnant de l'altitude pour rejoindre le campement de Bica da Cana, où nous installons notre bivouac après plusieurs heures de marche.

Avec le recul, cette étape restera pour moi comme l'une des plus éprouvantes de notre traversée, à cause de sa longueur, de la diversité des terrains rencontrés et de son dénivelé cumulé important.

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartFanal
ArrivéeBica da Cana
Distance~30,6 km
Dénivelé positif~1300 m
Dénivelé négatif~900 m
Temps de marche~9h30
Sentiers marquantsVereda do Fanal (PR13), Levada das 25 Fontes (PR6), Levada do Paul, Levada do Paul II
FréquentationTrès variable (faible sur le PR13, très forte sur le PR6)
Note★★★★☆
Difficulté★★★★★

Campement

CritèreValeur
NomBica di Cana
SituationTerrains herbeux, forêt, route juste à côté
Point d’eauOui
ToilettesOui
PoubellesOui

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • L'ambiance unique du PR13 dans la forêt de Laurisilva.
  • Les paysages très variés rencontrés au cours de la journée.
  • Les cascades et bassins du PR6.
  • Les couleurs des genêts en fleurs sur les hauteurs.
  • Le sentiment de traverser plusieurs Madère en une seule journée.

Ce que nous améliorerions avec le recul

  • Éviter la variante hors PR13 lorsque les conditions météo sont mauvaises.
  • Fractionner éventuellement l'étape pour les randonneurs souhaitant profiter davantage des différents secteurs traversés.

Étape 4 : de Bica di Cana au Pico das Pedras

Traces GPX

⚠️ Important : L'itinéraire présenté ci-dessous est différent de celui que nous avions préparé. Le PR1.3 étant fermé lors de notre passage, nous avons dû modifier notre parcours et effectuer un transfert en voiture entre Encumeada et Ilha. Nous conservons néanmoins la trace initiale afin d'illustrer l'itinéraire que nous avions prévu.

Itinéraire initialement prévu

Étape 4 — Bica da Cana › Pico das Pedras
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Itinéraire réalisé

Partie 1
Étape 4.1 — Bica da Cana › Encumeada
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Partie 2
Étape 4.2 — Ilha › Pico das Pedras
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Récit de l’étape

Cette quatrième étape devait initialement nous conduire vers le Pico Ruivo en empruntant le PR1.3. Sur le papier, c'était l'une des journées les plus attendues de notre traversée. Dans les faits, elle s'est transformée en une journée d'adaptation et d'improvisation à cause de la fermeture du sentier.

Partie 1

Le réveil sonne avant l'aube. Depuis le campement de Bica da Cana, nous rejoignons le miradouro situé à quelques minutes de marche afin d'assister au lever du soleil.

L'effort matinal est largement récompensé. Sous nos pieds, une immense mer de nuages recouvre les vallées tandis que les premiers rayons du soleil illuminent progressivement les sommets de l'île. Le spectacle attire quelques autres randonneurs courageux sortis de leur duvet avant le jour.

C'est sans doute l'un des plus beaux levers de soleil que nous ayons observés durant cette traversée. Si vous passez la nuit à Bica da Cana, nous vous recommandons vivement de ne pas manquer ce détour. Le site doit probablement être tout aussi spectaculaire au coucher du soleil.

Miradouro da Bica di Cana
Quel spectacle !

Miradouro da Bica di Cana

Quel spectacle !

Après avoir profité du spectacle, nous replions notre campement et prenons la direction du sud-est. Nous rejoignons rapidement un sentier secondaire qui ne figure pas parmi les itinéraires balisés les plus fréquentés de l'île.

Sur un peu plus d'un kilomètre, la progression devient particulièrement engagée. Le terrain est raide et plusieurs passages ont été équipés de cordes fixes ou de prises aménagées pour faciliter la progression.

Bien que la distance soit faible (à peine plus d’1km), nous mettons plus d'une heure à franchir cette section. Cependant, les panoramas sont magnifiques et donnent la sensation d'évoluer au-dessus du vide.

Nous rejoignons ensuite le PR17, l'un des sentiers qui m’a le plus marqués durant cette traversée. Moins fréquenté que les grands classiques de l'île, le Caminho do Pináculo e Folhadal offre pourtant une incroyable diversité de paysages. Le sentier alterne passages forestiers, sections le long des levadas, traversées de tunnels et superbes points de vue sur les reliefs environnants. Tout au long de la matinée, les panoramas sur les vallées et les mers de nuages se succèdent. L'ambiance est particulièrement agréable. Après environ neuf kilomètres de marche depuis Bica da Cana, nous atteignons le col d'Encumeada.

La descente est vraiment raide
Point de vue spectaculaire sur le PR17

La descente est vraiment raide

Point de vue spectaculaire sur le PR17

Notre objectif initial était alors de rejoindre le Pico Ruivo en empruntant le PR1.3.

Malheureusement, une fois sur place, le constat est sans appel : le sentier est fermé et semble totalement impraticable. Les dégâts causés par les incendies des années précédentes ont entraîné une fermeture de longue durée.

Après quelques hésitations, nous choisissons de ne prendre aucun risque. La fermeture est clairement signalée et rien ne garantit que le passage soit encore praticable plus loin.

Nous décidons donc de contourner l'obstacle en réservant un chauffeur Bolt pour rejoindre le village d'Ilha, situé de l'autre côté du massif.

Le trajet nous a coûté environ 40 €, pour près de 40 kilomètres de route. Un détour conséquent lorsque l'on sait que le tronçon fermé du PR1.3 ne représente qu'une dizaine de kilomètres à pied. Faute de passage possible à travers le massif central, nous avons dû redescendre jusqu'à la côte nord de l'île avant de remonter vers Ilha par la route.

Cette décision n'a pas été simple à accepter. Notre objectif était de traverser Madère d'un seul tenant, sans interruption. En montant dans cette voiture, nous avons eu le sentiment de rompre la continuité de notre itinéraire.

Lors de la préparation de notre trek, nous aurions dû mieux anticiper cette fermeture. Les informations étaient disponibles avant notre départ et nous aurions pu adapter notre trace en conséquence.

Partie 2

Depuis Ilha, nous repartons immédiatement à pied en direction du Pico Ruivo. L'ascension représente environ huit kilomètres pour près de 1 350 mètres de dénivelé positif.

Les premiers kilomètres traversent une forêt agréable et relativement ombragée. La pente est soutenue mais régulière, ce qui permet d'avancer efficacement.

Plus nous gagnons de l'altitude, plus le terrain change. Les escaliers deviennent omniprésents et leur hauteur irrégulière rend la progression plus physique. La végétation se fait plus rare et l'exposition au soleil augmente progressivement.

Étonnamment, malgré son dénivelé important, cette montée n’a pas été la plus difficile de notre semaine. Son profil régulier permet de trouver facilement son rythme.

En fin d'après-midi, nous atteignons le refuge du Pico Ruivo. Le refuge permet d'acheter quelques boissons fraîches et des barres énergétiques, ce qui constitue un véritable luxe après plusieurs heures d'effort. En revanche, aucune source d'eau potable n'était disponible lors de notre passage. Seules des bouteilles d'eau étaient en vente.

Si vous empruntez cet itinéraire, prévoyez suffisamment d'eau dès le départ : contrairement aux journées passées le long des levadas, les possibilités de ravitaillement sont quasiment inexistantes sur cette montée.

Nous faisons volontairement l'impasse sur le sommet du Pico Ruivo ce soir-là. Il ne se trouve pourtant qu'une centaine de mètres plus haut, mais notre itinéraire nous prévoit déjà d'y repasser le lendemain.

Nous poursuivons ensuite sur le PR1.2 en direction d'Achada do Teixeira. Cette courte section constitue probablement l'accès le plus simple au Pico Ruivo depuis la route. Le sentier est bien aménagé et beaucoup plus fréquenté que les itinéraires empruntés plus tôt dans la journée.

Les vues sont sympas depuis le chemin de crête
Quelque part sur le PR1.2

Les vues sont sympas depuis le chemin de crête

Quelque part sur le PR1.2

Le site est bien équipé avec sanitaires, eau potable et plusieurs espaces aménagés pour les tentes. Notre seule réserve concerne les deux poulaillers installés au milieu du campement. Les coqs locaux ne semblent pas connaître les grasses matinées et ont généreusement assuré notre réveil avant l'aube.

Notre conseil : ne vous installez pas au premier emplacement venu. Des zones de bivouac situées plus bas permettent de s'éloigner des poulaillers et probablement d'augmenter vos chances de dormir jusqu'au lever du soleil !

Informations pratiques

Randonnée

Partie 1
CritèreValeur
DépartBica da Cana
ArrivéeEncumeada
Distance8,6 km
Dénivelé positif~200 m
Dénivelé négatif~750 m
Temps de marche~2h45
Sentiers marquantsPR17 (Caminho do Pináculo e Folhadal)
FréquentationFaible à modérée
Note★★★★★
Difficulté★★★★☆
Partie 2
CritèreValeur
DépartIlha
ArrivéePico das Pedras
Distance14,7 km
Dénivelé positif~1400 m
Dénivelé négatif~950 m
Temps de marche~4h45
Sentiers marquantsPR1.1 (Verada da Ilha), PR1.2 (Verada do Pico Ruivo)
FréquentationForte à proximité du Pico Ruivo
Note★★★★☆
Difficulté★★★★☆

Campement

CritèreValeur
NomPico das Pedras
SituationForêt, route à proximité
Point d’eauOui
ToilettesOui
PoubellesOui

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • Le lever de soleil exceptionnel depuis le miradouro de Bica da Cana.
  • Les panoramas et l'ambiance du PR17, l'un de nos sentiers préférés de la traversée.
  • La diversité des paysages entre levadas, forêt et haute montagne.
  • L'ascension du Pico Ruivo par son versant nord, plus sauvage et moins fréquenté.

Ce que nous améliorerions avec le recul

  • Vérifier l'état des sentiers quelques jours avant le départ afin d'anticiper la fermeture du PR1.3.
  • Prévoir davantage d'eau pour l'ascension depuis Ilha, où les possibilités de ravitaillement sont limitées.
  • Éviter la variante très technique du début d'étape pour les randonneurs peu à l'aise sur les passages exposés.
  • Installer sa tente aussi loin que possible des poulaillers du campement de Pico das Pedras.

Étape 5 : de Pico das Pedras à Poiso

Trace GPX

Étape 5 — Pico das Pedras › Poiso
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Récit de l’étape

Après une nuit à Pico das Pedras, nous reprenons notre traversée de Madère en direction du massif central de l’île. Cette cinquième étape sera l’une des plus emblématiques et des plus denses de tout le trek, avec l’enchaînement de trois sentiers majeurs : le PR9, le sommet du Pico Ruivo et le célèbre PR1 reliant les plus hauts sommets de Madère.

Depuis le campement, nous rejoignons en quelques minutes le PR9 – Levada do Caldeirão Verde, l’un des sentiers les plus connus de Madère.

Dès l’entrée du parcours, nous sommes contrôlés pour la première et unique fois du séjour. Le sentier étant réglementé (comme tous les PR numérotés), il est nécessaire de réserver un accès payant (4,50 € par PR). Une formalité importante à anticiper si vous préparez une traversée similaire.

Dès les premiers kilomètres, l’ambiance change radicalement par rapport aux jours précédents : même tôt le matin, le PR9 est déjà très fréquenté.

Le sentier suit une levada spectaculaire, creusée à flanc de montagne, alternant passages en forêt, tunnels étroits et portions plus aériennes. Certains passages peuvent être légèrement vertigineux, bien que sécurisés par des garde-corps.

Avec un sac de trek chargé et la forte affluence, la progression peut vite devenir moins agréable, notamment dans les zones étroites où il est difficile de se croiser.

Nous atteignons finalement la magnifique cascade de Caldeirão Verde, point d’orgue du sentier, avant de faire demi-tour.

Avec le recul, ce PR est très beau, mais nous l’avons trouvé légèrement surcoté par rapport à d’autres randonnées beaucoup plus sauvages et moins fréquentées sur l’île.

Vue spectaculaire sur la valée
Cascade de Caldeirão Verde

Vue spectaculaire sur la valée

Cascade de Caldeirão Verde

Nous retrouvons ensuite la deuxième partie du PR1.1, déjà empruntée la veille, pour entamer la remontée vers le Pico Ruivo. Le sentier est directement accessible par le PR9.

Cette section marque notre deuxième ascension vers le plus haut sommet de Madère en seulement deux jours, cette fois en ne réalisant que la seconde moitié de la montée.

Nous rejoignons le refuge du Pico Ruivo, où nous faisons une pause ravitaillement. Il est possible d’y acheter de l’eau en bouteille, que nous utilisons pour remplir nos gourdes avant d’attaquer la suite de la journée.

Il est important de noter qu’aucune source d’eau naturelle n’est disponible sur la section suivante de l’étape : il faut donc anticiper son ravitaillement avant de quitter le refuge.

Nous poursuivons ensuite jusqu’au sommet du Pico Ruivo (1862 m), point culminant de Madère. La vue à 360° sur les crêtes volcaniques et les reliefs de l’île est tout simplement exceptionnelle.

Nous redescendons ensuite pour rejoindre le célèbre PR1 – Vereda do Areeiro.

Comme expliqué précédemment dans l’article, nous empruntons ce sentier en sens inverse, une situation normalement interdite en raison des restrictions de circulation mises en place sur cette section. Dans notre cas, il s’agissait de la seule option viable pour poursuivre notre traversée d’ouest en est.

Sur le terrain, nous constatons que nous ne sommes pas les seuls à faire ce choix.

En outre, les conditions d’accès au PR1 varient selon la saison : ouverture certains jours seulement hors période estivale, fermeture hivernale, et sens de circulation imposé. Une vérification quelques jours avant le départ est indispensable. Lors de notre passage, en juin 2026, le sentier n’était ouvert que durant les week-end. Nous nous sommes donc arrangé pour y passer le dimanche.

Le PR1 est sans doute l’un des sentiers les plus spectaculaires de Madère. Il relie trois des plus hauts sommets de l’île :

  • Pico do Areeiro (1818 m)
  • Pico das Torres (1851 m)
  • Pico Ruivo (1862 m)

Le sentier suit les crêtes et offre des vues vertigineuses sur les vallées environnantes. C’est un itinéraire exigeant, parfois exposé et sujet au vertige, mais absolument incontournable selon nous. Malgré sa beauté, il s’agit également d’un sentier très fréquenté, donc attendez-vous à croiser du monde.

Les chemins sont creusés à flanc de falaise
Quelques passages sont vertigineux
Panorama sur le massif central de Madère

Les chemins sont creusés à flanc de falaise

Quelques passages sont vertigineux

Panorama sur le massif central de Madère

Après avoir quitté le Pico do Areeiro, nous bifurquons sur le PR4 – Levada do Barreiro.

Ce changement marque une rupture totale avec l’ambiance spectaculaire mais très fréquentée du PR1. Ici, nous retrouvons un sentier beaucoup plus calme, qui suit une levada en balcon au-dessus des vallées.

Le PR4 offre une progression facile et agréable, sans difficulté technique particulière. Le chemin serpente au milieu d’une végétation luxuriante, typique des zones plus humides de Madère. Tout au long de cette section, les vues s’ouvrent régulièrement sur les reliefs autour de Funchal, que l’on aperçoit au loin en contrebas. C’est une belle transition après l’univers minéral et aérien du PR1.

Cette portion, beaucoup moins fréquentée, nous a permis de relâcher la pression et de retrouver un rythme plus tranquille après une journée particulièrement intense.

A l’issue de ce sentier nous remontons vers Poiso, le point de chute de notre étape.

Avec environ 35 km, 1800 m de D+ et 1200 m de D-, il s’agit clairement de l’une des journées les plus exigeantes de notre traversée.

Prenez soin de faire le pleins d’eau sur cette dernière section, car la levada croisée en chemin est la dernière opportunité de se ravitailler avant le campement qui ne dispose pas de point d’eau.

Nous terminons finalement cette très longue journée en arrivant au campement, qui est plutôt sommaire. Nous sommes fatigués mais marqués par l’enchaînement de certains des plus beaux sentiers de Madère.

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartPico das Pedras
ArrivéePoiso
Distance34,6 km
Dénivelé positif~1900 m
Dénivelé négatif~1400 m
Temps de marche~10h30
Sentiers marquantsPR9 (Levada do Caldeirão Verde), PR1.1 (Verada da Ilha), PR1 (Vereda do Areeiro), PR4 (Levada do Barreiro)
FréquentationTrès forte sur PR9 et PR1, plus faible sur les dernières sections
Note★★★★★
Difficulté★★★★★

Campement

CritèreValeur
NomPoiso
SituationForêt, route à proximité
Point d’eauNon
ToilettesNon
PoubellesOui

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • La découverte du PR9 tôt le matin et l’ambiance unique de la Levada do Caldeirão Verde, malgré la fréquentation.
  • L’arrivée au Caldeirão Verde et ses cascades impressionnantes nichées dans la forêt.
  • L’enchaînement exceptionnel entre Pico Ruivo et le Pico do Areeiro, véritable colonne vertébrale de la traversée de Madère.
  • Le sentiment de parcourir l’un des itinéraires de haute montagne les plus emblématiques de Madère.

Ce que nous améliorerions avec le recul

  • Mieux anticiper les conditions d’accès et de circulation sur le PR1 (sens obligatoire, forte affluence, restrictions saisonnières et jours d’ouverture limités selon la période). Lors de notre passage début juin 2026, le sentier n’était ouvert que le week-end, ce qui nous a obligés à organiser notre passage un dimanche.
  • Accepter que le PR9, bien que très beau, est extrêmement touristique et peut être évité si l’on cherche une expérience plus sauvage.
  • Fractionner cette étape si l’objectif est de profiter pleinement du PR1 sans la contrainte d’une très longue journée.

Étape 6 : de Poiso à Caniçal

Traces GPX

Étape 5 — Poiso › Caniçal
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Récit de l’étape

Après plusieurs jours passés dans les hauteurs centrales de l’île, cette sixième étape marque notre retour progressif vers le niveau de la mer. Nous quittons Poiso pour rejoindre Caniçal, à l’extrémité est de Madère.

Depuis Poiso, nous entamons une longue descente en direction de la côte nord-est. Les premiers kilomètres se déroulent sur de larges pistes forestières, globalement roulantes et faciles à marcher. Après plusieurs étapes exigeantes, cette progression plus simple est plutôt agréable, même si les paysages sont moins marquants que ceux des jours précédents.

Ce tronçon joue surtout un rôle de transition entre le massif central et les zones littorales de l’île.

Nous atteignons progressivement les hauteurs de Porto da Cruz, petit village côtier dominé par les falaises volcaniques.

Point de vue sur Porto da Cruz
Point de vue sur Porto da Cruz

C’est ici que nous rejoignons le PR5. Le sentier bascule immédiatement dans un décor plus spectaculaire. Nous descendons vers des pentes très abruptes avant de rejoindre une ligne de crête qui longe la côte nord-est de Madère.

Les vues sur l’océan Atlantique sont superbes, avec une sensation de verticalité permanente. Le vent est également très présent sur cette section, renforçant le caractère sauvage du lieu.

Nous continuons ensuite à longer la côte en nous écartant progressivement du tracé du PR5. Le sentier alterne montées courtes et descentes abruptes, jamais très longues mais souvent très raides.

Au fil de la progression, la silhouette de la Ponta de São Lourenço devient de plus en plus visible à l’horizon. Ce cap rocheux emblématique marque l’extrémité est de Madère et offre déjà de superbes perspectives photographiques bien avant d’y arriver.

La fin de l’étape est assez surprenante. En quittant les hauteurs, nous basculons dans un paysage totalement différent de tout ce que nous avions vu jusque-là : un décor aride, presque désertique, avec une terre rouge, des formations rocheuses et des reliefs érodés qui font penser à des paysages martiens.

Falaises de la côte nord-est de l'île
Vue sur la Ponta de São Lourenço
Bienvenue sur Mars

Falaises de la côte nord-est de l'île

Vue sur la Ponta de São Lourenço

Bienvenue sur Mars

Nous terminons finalement cette étape à Caniçal, petit village côtier où nous avons réservé un logement pour la nuit.

Après plusieurs jours en autonomie en montagne, cette soirée marque déjà la fin très proche de notre traversée. Nous retrouvons le confort, le plaisir d’une douche bien méritée, et celui simple de manger une pizza en ville.

Il ne nous reste désormais plus qu’une ultime journée pour conclure notre itinéraire, consacrée à la découverte de la Ponta de São Lourenço.

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartPoiso
ArrivéeCaniçal
Distance~25,5 km
Dénivelé positif~600 m
Dénivelé négatif~2000 m
Temps de marche~6h30
Sentiers marquantsPR5 (Vereda das Funduras), portions de crêtes littorales
FréquentationFaible à modérée
Note★★★★☆
Difficulté★★★☆☆

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • Les premières vues sur l’océan Atlantique après plusieurs jours en montagne.
  • Le passage sur les crêtes du PR5 avec des panoramas spectaculaires.
  • L’arrivée progressive vers la Ponta de São Lourenço, qui annonce la fin de la traversée.
  • Le changement total de décor en fin d’étape, avec un paysage rouge et minéral presque lunaire.

Ce que nous améliorerions avec le recul

Pas grand-chose sur cette étape.

Après plusieurs journées particulièrement longues et exigeantes, nous avons trouvé ce tronçon bien calibré. La progression est globalement fluide, les difficultés techniques restent limitées et l'arrivée à Caniçal constitue une excellente transition avant la découverte de la Ponta de São Lourenço le lendemain.

Si nous devions donner un seul conseil, ce serait de prendre le temps de profiter des nombreux points de vue sur la côte. Les paysages deviennent de plus en plus spectaculaires à mesure que l'on approche de l'extrémité de l'île, et il serait dommage de les traverser trop rapidement.

Étape 7 : la Ponta de São Lourenço

Trace GPX

Étape 5 — Ponta de São Lourenço
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Récit de l’étape

Pour cette dernière journée, direction la Ponta de São Lourenço, l'extrémité est de Madère.

Contrairement aux jours précédents, nous partons sans nos sacs de trek, laissés à notre hébergement à Caniçal. Après six jours à les transporter en permanence, cette sensation de légèreté est particulièrement appréciable.

Depuis le centre de Caniçal, nous rejoignons à pied le départ du PR8, soit environ 5 kilomètres supplémentaires. Soyons honnêtes : cette portion de liaison n'a pas grand intérêt. Elle traverse principalement une zone industrielle et longe une route relativement fréquentée. C'est probablement l'une des sections les moins agréables de toute la traversée pour un randonneur.

Heureusement, au bout de 5km nous retrouvons le PR8 – Vereda da Ponta de São Lourenço.

Le contraste avec les jours précédents est saisissant. Ici, plus de forêts luxuriantes, de levadas ou de sommets enveloppés de nuages. La péninsule offre un paysage beaucoup plus aride et minéral, façonné par les vents et l'océan.

Le sentier est particulièrement fréquenté, mais on comprend rapidement pourquoi. Les panoramas sont magnifiques tout au long du parcours, avec des vues permanentes sur l'Atlantique de part et d'autre de la péninsule.

Un conseil : ne sous-estimez pas le vent. Lors de notre passage, les températures étaient agréables au départ de Caniçal, mais une fois sur la pointe, les rafales étaient puissantes et rendaient l'ambiance nettement plus fraîche. Un coupe-vent est clairement recommandé.

Le parcours est vallonné mais ne présente pas de difficulté technique particulière. Il traverse cette péninsule volcanique unique à Madère, composée principalement de roches basaltiques. Depuis le sentier, on aperçoit également des îlots, qui renforcent encore le caractère sauvage du site.

Comptez environ 2h à 2h30 pour réaliser l'aller-retour jusqu'au point de vue final et profiter pleinement des paysages.

Après avoir parcouru l’intégralité du sentier, nous faisons demi-tour pour rejoindre Caniçal par le même itinéraire.

Ponta de São Lourenço

Ponta de São Lourenço

Cette dernière étape est un peu plus courte, mais elle constitue une très belle conclusion à notre traversée de Madère. Après les montagnes, les forêts de Laurisilva, les levadas, les sommets volcaniques et les crêtes aériennes du centre de l'île, terminer face à l'océan sur cette péninsule battue par les vents nous a semblé être une fin parfaite pour cette aventure.

Informations pratiques

Randonnée

CritèreValeur
DépartCaniçal
ArrivéePonta de São Lourenço (aller-retour)
Distance~16,9 km
Dénivelé positif~800 m
Dénivelé négatif~800 m
Temps de marche~4h15
Sentiers marquantsPR8 (Vereda da Ponta de São Lourenço)
FréquentationTrès forte
Note★★★★☆
Difficulté★★☆☆☆

Notre avis

Ce que nous avons aimé

  • Découvrir un visage totalement différent de Madère après plusieurs jours en montagne.
  • Les panoramas permanents sur l'océan Atlantique tout au long du PR8.
  • Les couleurs et les formations géologiques uniques de la péninsule.
  • Terminer notre traversée à l'extrémité est de l'île, face à l'océan.

Ce que nous améliorerions avec le recul

  • Éviter la liaison à pied entre Caniçal et le départ du PR8, peu intéressante et très routière. Un taxi ou un bus permettrait de profiter davantage du sentier.
  • Ne pas sous-estimer le vent : même par beau temps, un coupe-vent peut s'avérer très utile sur la péninsule.

Conclusion

Cette traversée de Madère restera pour nous une expérience particulièrement marquante, autant par la diversité des paysages traversés que par l’intensité des journées passées sur les sentiers.

En sept jours, l’île nous a offert une incroyable concentration de reliefs et d’ambiances : des falaises battues par l’Atlantique aux forêts profondes de Laurisilva, des levadas suspendues à flanc de montagne aux crêtes aériennes du massif central. Peu d’îles permettent de vivre autant de contrastes sur une distance aussi courte.

Cette itinérance nous a aussi rappelé que, même avec une préparation sérieuse, un trek reste vivant et imprévisible. Fermetures de sentiers, adaptations d’itinéraire, choix parfois improvisés : ces éléments font pleinement partie de l’expérience et participent, au final, à la richesse du voyage.

Si nous devions retenir une idée simple de cette traversée, ce serait celle-ci : Madère se découvre encore mieux dans la continuité que par morceaux. Enchaîner les étapes permet de percevoir des transitions subtiles entre les paysages et de mesurer à quel point l’île est compacte mais extraordinairement variée.

Nous espérons que ce récit pourra vous être utile pour préparer votre propre traversée, ou simplement vous donner envie de découvrir Madère autrement, à votre rythme, sur ses innombrables sentiers.

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